Pour les clients
Comment choisir son tatoueur : la checklist
Un tatouage se porte à vie et se retire mal. Choisir la personne qui le pose mérite plus que trois minutes sur Instagram — voici ce qui se vérifie vraiment, dans l’ordre.
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Comment choisir un bon tatoueur ?
Vérifiez trois choses avant tout le reste : que l’activité est déclarée et que le professionnel a suivi la formation hygiène et salubrité, que son portfolio montre des tatouages cicatrisés et pas seulement des photos fraîches, et qu’il vous remet une information écrite avant l’acte. Le style vient après : un artiste dont le trait vous plaît mais dont le poste est douteux reste un mauvais choix.
Le cadre légal : ce qu’un salon doit pouvoir montrer
Le tatouage par effraction cutanée est une activité encadrée. Le décret n° 2008-149 du 19 février 2008 et les articles R. 1311-1 et suivants du code de la santé publique posent le socle. Concrètement, un professionnel en règle peut vous montrer ceci sans hésiter :
| Ce qui est exigé | Comment le vérifier |
|---|---|
| L’activité est déclarée auprès de l’ARS avant d’être exercée | Demander le récépissé de déclaration. Il est souvent affiché dans le salon |
| Le professionnel a suivi la formation à l’hygiène et à la salubrité | L’attestation est nominative. Un salon avec plusieurs artistes en a une par personne |
| Une information préalable vous est remise avant l’acte | Exigée par l’article R. 1311-12 du code de la santé publique, et son contenu par l’arrêté du 3 décembre 2008 |
| Les bonnes pratiques d’hygiène sont appliquées | Fixées par l’arrêté du 11 mars 2009 : usage unique, stérilisation, désinfection du poste entre chaque personne |
Ce qui se regarde dans le salon, le jour du rendez-vous
Vous n’avez pas besoin d’être expert. Ces cinq points se constatent à l’œil nu, et leur absence est un motif suffisant pour ne pas s’asseoir dans le fauteuil.
- Le matériel est ouvert devant vous. Aiguilles, buses et capsules sortent d’un emballage stérile intact, au moment où vous êtes là. Pas avant.
- Le tatoueur se lave les mains et met des gants devant vous, et en change s’il touche autre chose que votre peau et sa machine.
- Le poste est protégé : films plastiques sur la machine, le cordon, la lampe, le fauteuil. Ils sont neufs.
- Les encres sont versées dans des capsules à usage unique, jamais reprises d’une personne à l’autre.
- Le local est propre, séparé de toute activité domestique, avec un point d’eau.
Lire un portfolio sans se faire avoir
Un tatouage frais est toujours beau : les lignes sont nettes, les noirs sont profonds, la peau est rouge et brillante. Six mois plus tard, on sait vraiment ce que valait le travail. C’est cette photo-là qu’il faut chercher, et sa rareté est très parlante.
| Ce que vous voyez | Ce que ça dit |
|---|---|
| Uniquement des photos prises juste après la séance | Rien sur la tenue dans le temps. Demandez des photos cicatrisées |
| Des photos cicatrisées, même moins spectaculaires | Bon signe : l’artiste assume son travail une fois posé |
| Un style homogène, répété | L’artiste sait ce qu’il fait bien. C’est une force, pas une limite |
| Tous les styles, du réalisme au tribal en passant par le lettrage | Méfiance : personne n’excelle partout |
| Beaucoup de très petits motifs très détaillés | À vérifier sur cicatrisé — les détails trop serrés bavent en quelques années |
| Des photos qui ne se ressemblent pas entre elles (grain, cadrage, mains) | Portfolio possiblement emprunté. Demandez une pièce en cours |
Le premier échange en dit plus que le portfolio
Un bon tatoueur pose des questions avant de donner un prix : où sur le corps, quelle taille, quel rendu, avez-vous déjà été tatoué, prenez-vous un traitement. Celui qui annonce un tarif en trois secondes sans rien demander ne vend pas un projet, il vend un créneau.
- Il vous dit non, parfois. Sur un emplacement qui vieillira mal, sur un motif trop fin pour tenir, sur une taille qui ne permet pas le détail demandé. Un refus argumenté est un signe de compétence.
- Il vous remet les conditions d’acompte par écrit avant que vous ne payiez. Voir comment lire un devis.
- Il vous explique les soins et vous les donne aussi par écrit.
- Il ne vous presse pas. Un projet qu’on porte à vie supporte d’attendre trois semaines.
Deux situations qui changent les critères
Vous êtes mineur
L’article R. 1311-11 du code de la santé publique interdit de tatouer une personne mineure sans le consentement écrit d’un titulaire de l’autorité parentale ou du tuteur. Sans seuil d’âge : la règle vaut à 17 ans comme à 14. Un salon qui propose de « s’arranger » commet une infraction et vous met en difficulté. Le détail dans le guide sur l’âge légal.
Vous voulez tatouer une zone particulière
Cicatrice, vergeture, grain de beauté, peau greffée : tous les tatoueurs ne les prennent pas, et c’est normal. Ces zones demandent une expérience spécifique et parfois un avis médical préalable — voir tatouer une cicatrice ou un grain de beauté.
Comment savoir si un tatoueur est déclaré ?
Demandez-lui le récépissé de déclaration d’activité délivré par l’ARS, et l’attestation de formation à l’hygiène et à la salubrité. Beaucoup de salons les affichent. Un refus de les montrer est en soi une réponse.
Faut-il choisir son tatoueur pour son style ou pour son hygiène ?
Les deux, dans cet ordre : l’hygiène est éliminatoire, le style est décisif. Un artiste dont le trait vous plaît mais dont le poste est douteux reste un mauvais choix, parce qu’un problème d’hygiène ne se corrige pas après coup.
Est-ce grave si un tatoueur n’a que des photos fraîches dans son portfolio ?
Ce n’est pas éliminatoire, mais c’est une information manquante : un tatouage frais est toujours beau. Demandez des photos cicatrisées à six mois ou un an. Un artiste confiant dans son travail en a.
Peut-on se faire tatouer à domicile ?
Les bonnes pratiques d’hygiène fixées par l’arrêté du 11 mars 2009 supposent un local dédié, un point d’eau et un poste désinfectable. Un logement ordinaire ne le permet pas, quelle que soit la bonne volonté de la personne qui tatoue.
Faut-il se raser avant un tatouage ?
Non, laissez faire le tatoueur : il rase la zone au moment de la préparation, avec un rasoir à usage unique. Se raser la veille chez soi crée des micro-coupures qui compliquent le travail et la cicatrisation.
Combien de temps à l’avance faut-il réserver ?
De quelques jours à plusieurs mois selon l’artiste et la taille du projet. Un carnet plein n’est pas un caprice : c’est souvent le meilleur indicateur qu’on n’est pas le seul à trouver le travail bon.